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Yonnelle Déa Moukoumbi

Qui est Yonnelle Déa Moukoumbi ?
Je suis née à Libreville, âgée d’une trentaine d’années, mère de deux charmants enfants : Sara Orchids et Daurice Alvine et mon neveu Lucas que j’appelle affectueusement « Luis carlos ».
Je suis de nationalité gabonaise, coutume Nzebi.
-Peut-on savoir quel est votre parcours ?
J’ai obtenu mon baccalauréat, série D en 1995 au Lycée d’Application de l’ENS. La même année j’ai réussi au concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique de Masuku, au Génie Agricole.
En 1998, après l’obtention de mon Diplôme d’Ingénieur des Techniques Agricoles, je suis allée au Burkina Faso, à l’Institut du Développement Rural de Bobo-Dioulasso où j’ai préparé et obtenu mon Diplôme d’Ingénieur en Développement Rural, Option Agronomie. Au cours de toutes ces formations, j’ai bénéficié aussi bien du soutien de l’Etat que celui de ma famille.
En 2001, revenue au Gabon, j’ai exercé pendant 9 mois à l’IGAD où j’ai été remercié sans préavis. C’est ainsi que je me suis retrouvée à l’Institut de Recherches Agronomiques et Forestières (IRAF) sis au Gros bouquet – Libreville en qualité d’Attaché de Recherche.
En 2004, ayant décidé de travailler dans la recherche, il me fallait repartir à l’école pour préparer un Master II ou DEA en vue d’acquérir les rudiments de base pour une bonne carrière de Chercheur. Le laboratoire de Biotechnologies Végétales et le CARBAP ont établis un partenariat qui m’a permis de m’inscrire à l’Université de Yaoundé I pour préparer et obtenir mon Master II en Biologie des Organismes Végétaux. Il me fallait clôturer ma formation par le Ph D pour être Chercheur plein pour être gérer une unité de recherche et déposer ma candidature d’aptitude au CAMES.
- Vous avez reçu en mars un prix décerné par l’UNESCO. Qu’est ce qui vous a valu ce prix ?
Dieu est grand car j’ai été très surprise mais c’est le couronnement d’un long processus et d’une véritable détermination à réussir par le travail. L’UNESCO et le grand groupe des Cosmétiques l’Oréal, ont lancé un appel à candidature sur les jeunes femmes scientifiques âgées de moins de 35 ans et travaillant dans les sciences de la vie. Il fallait présenter un projet et dont les résultats contribueraient significativement au développement de nos sociétés. Le Conseil Scientifique de l’Unesco a approuvé mon projet et j’ai été retenue parmi les 15 boursières mondiales.
- Pourquoi avoir choisi le riz comme objet d’étude?
Le riz occupe une place très importante dans la société gabonaise quelque soit la catégorie sociale dans laquelle on se trouve. Les habitudes alimentaires ont énormément évoluées, le riz est consommé par une grande partie de la population (rurale qu’urbaine). Le Coût des importations très élevée et surtout les prouesses enregistrées avec le Nérica en Afrique de l’Ouest m’ont interpellé pour envisager de relancer la culture du riz au GABON.
J’ai participé à la sélection des variétés de Nérica Bas-fonds qui sont homologuées aujourd’hui au Burkina Faso au cours de mon stage de 10 mois au Programme riz de l’INERA Farako ba au Burkina Faso sous la supervision du Dr Sié Moussa.
Le Gabon gros importateur mais ne produisant pas de riz, je me suis personnellement dit, est ce que je ne pourrai pas faire quelque chose et voilà c’est parti de cette hypothèse.
- Quelles sont les particularités du riz Nerica ?
Le Nerica est l’hybride qu’on a obtenu en croisant l’espèce asiatique O. sativa et l’espèce africaine O. glaberrima. C’est un riz qui allie les meilleurs caractères des deux parents tels que la forte production d’O. sativa et la robustesse, la richesse en protéines d’O. glaberrima.
- L’Afrique est une grande consommatrice de riz tout en ayant une faible production en la matière. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?
Il faut relativiser, en Afrique de l’Ouest vous avez le cas du Burkina Faso qui a complètement augmenté significativement sa production. Il faut beaucoup d’efforts de la part des différents de tous les intervenants c'est-à-dire les politiques, la recherche, le ministère de l’agriculture et les paysans. Sans cette synergie, rien de bon ne pourra être réalisé chez nous.
- En Afrique, les milieux scientifiques comptent plus d’hommes que de femmes. Quels mécanismes mettre en place pour encourager les africaines à « épouser » les sciences dites dures ?
Le faible pourcentage de femmes enregistré dans les sciences n’est pas seulement propre à l’Afrique c’est partout dans le monde ainsi. Progressivement, les habitudes changent et les jeunes filles s’orientent de plus en plus dans les sciences.
Les mécanismes, mettre des bourses d’études telles que celle que j’ai obtenue, des programmes d’aide, etc
- Les succès de la recherche africaine peine à être visible sur le continent. Comment y remédier ?
Il faut que le politique comprenne l’importance de la recherche et donne les moyens à la recherche d’une part. Et d’autre part disposer de compétences pour booster la recherche des pays en voie de développement.
- Comment réagissez-vous face à la crise alimentaire mondiale et ses répercussions négatives en Afrique ?
C’est un appel pour nos politiques pour asseoir de vraies politiques agricoles en vue de booster la production nationale et pérenniser son action. Ainsi, on participera activement à réduire l’impact et le coût des importations tout en garantissant une production nationale qui assure une autosuffisance à sa population.
- Comment se porte la femme gabonaise ?
La femme gabonaise va bien, elle apprend progressivement à être indépendante, à s’activer pour atteindre ses objectifs de manière correcte et reluisante quelque soit son domaine de compétence.
- Votre lieu de vacances préféré ?
Moi je suis toujours restée à Libreville, j’aimerai en effet m’offrir des vacances avec mes enfants qui ne me voient pas souvent dans un endroit paradisiaque.

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