Ngouo Bertrand et l'amour de la nature.

S.M.B
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Etudiant en Master d'économie, le camerounais Ngouo Bertrand se bat pour reboiser des espaces au Cameroun dans le but de lutter notamment contre la désertification. Découvrez et encouragez avec nous le Président dynamique d'ESPACE VERT.




- Peut-on savoir qui est Ngouo Bertrand ?

 

      Je suis camerounais de 29 ans, Licencié en Sciences Economiques et Gestion et actuellement étudiant en Master. Je parle et écris bien en Français et en Anglais. Je suis un fervent défenseur de l’environnement et j’y mets tout mon être et mon savoir faire.

 

- Vous êtes le président de l’association Espace Vert. Pouvez-vous nous présenter cette structure ?

 

       Effectivement, je suis le Président de l’association ESPACE VERT (GREEN SPACE).Cette association a été créée en 2002 par un groupe d’étudiant. Au regard des projets réalisés par celle-ci, elle a été officiellement légalisée en 2007 comme une association écologique à but non lucratif régie par la loi sur la liberté des associations. ESPACE VERT compte aujourd’hui 21 membres et est dirigée par un organe exécutif composé de 6 membres démocratiquement élus.  C’est cet organe qui conduit l’association dans tous ses projets.

 

- Pourquoi le choix d’œuvrer dans le reboisement dans votre pays ?

 

Notre choix d’œuvrer dans le reboisement ici au Cameroun est valable à plus d’un titre. D’abord, l’avancement tentaculaire du désert où ses effets se font de plus en plus ressentir est pour nous un sujet d’inquiétude. De plus, l’abattage irrationnel des arbres accentué par un système d’agriculture peu favorable à l’environnement est de nature à accélérer le processus de déforestation auquel nous ne pouvons rester indifférents. Plus encore, la promotion du développement durable et surtout la lutte contre le réchauffement climatique sont des sujets qui nous interpellent tous. Nous nous sommes dits qu’en utilisant le reboisement comme cheval de bataille ; dans un Cameroun partiellement plongé dans le bassin du Congo (regorgeant la deuxième réserve forestière mondiale) ; nos actions, tout en se cadrant avec ces réalités environnementales, sont par leurs effets indispensables à la lutte contre le réchauffement climatique.

 

- Quelles sont les réalisations majeures déjà réalisées par Espace Vert ?

 

Nous réalisons nos projets depuis 2002 dans le cadre d’un programme annuel que nous avons baptisé Campagne Ecologique de Plante de Pépinière (CEP). La CEP consiste d’une part à planter, pendant la saison des pluies, les pépinières sur des espaces soumis à d’importantes menaces de déforestation. D’autre part, nous organisons en droite ligne de la plante des pépinières, les campagnes de sensibilisation visant à attirer l’attention de la population villageoise sur la nécessité et les méthodes rudimentaires à adopter pour promouvoir la conservation de la biodiversité. Nous véhiculons ces messages à travers les médias locaux et les festivités culturelles. Nous avons à notre actif, la réalisation de 5 CEP dans 15 villages ici dans les Bamboutos pendant lesquelles 120 000 arbres ont été plantés. Nous avons également, et en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) et le Green Belt Movement, participé à la l’atteinte de Two Billion Tree Campaign en 2007  initié par l’UNEP en 2005.

 

 

 

- Comment les populations ont-elles accueillies votre démarche ?

 

   Au début nos actions n’étaient pas appréciées à leur juste valeur par la population villageoise du fait qu’on s’attaquait à leur pratique d’abattage abusif des arbres. Cette pratique ignoble a été systématiquement contre carré par une approche persuasive. Avec le temps, nous avons su vaincre ce scepticisme à travers une approche plus participative. En effet, la participation de la population villageoise est d’autant plus poussée que les pépinières que nous plantons sont des plantes médicinales et alimentaires. Cette corrélation entre arbres et populations est forte d’autant que ces dernières en dépendent pour leur suivie.

 

-  De quelle manière financez-vous cette noble initiative ?

 

 Nos projets sont financés jusqu’à lors par les contributions en nature des membres (qui sont majoritairement des pépiniéristes) et également le soutien de certaines autorités traditionnelles et le don médiatique de certains chefs de station radio. Avec les nouveaux défis que nous nous sommes fixés, ces sources locales de financement ne pourront plus être à la hauteur de nos ambitions. C’est pour cette raison que nous comptons relever ces défis à travers le partenariat.

 

- De plus en plus de forestiers venus d’Asie déboisent les forêts africaines sans véritables contrôles. Qu’en pensez-vous ?

 

  Bien sûr, l’émergence de certains pays d’Asie et notamment ceux de l’Asie du Sud Est a accentué la gourmandise de ceux-ci en bois venant d’Afrique ; véritables matières premières dans la fabrication des meubles et mobiliers. L’exploitation abusive des forêts africaines par les compagnies asiatiques se fait sur la base des contrats mal négociés ou clauses contractuelles non respectées. L’indifférence et la passivité des autorités compétentes face à cette « hache folle » des asiatiques peuvent en partie être expliquée par les réalisations que ces pays font en domaine d’infrastructures de base. Ce  qui ne devrait pas constituer pour eux un laisser faire ou laisser passer. L’exploitation des forêts africaines doit se faire dans le respect scrupuleux de l’environnement et il revient aux gouvernements, ONG et toute la communauté internationale d’assurer, à des échelles différentes, la protection de ces forêts qui sont de véritables poumons pour le monde tout entier. Nous pouvons, sur cette lancée, apprécier l’aide financière de 40 milliards F CFA accordé par l’ONG Conservation Internationale visant à promouvoir une gestion rationnelle et équitable de la forêt équatoriale du bassin du Congo. Au-delà de cette initiative, nous souhaiterons que les forêts d’Afrique bénéficient le plus largement possible des retombées financières dégagées au titre de la vente des Droits de Polluer.

 

- Travaillez-vous en réseau avec d’autres associations oeuvrant dans le même domaine ?

 

Oui, nous travaillons en collaboration avec d’autres associations et ONG œuvrant dans le domaine de la conservation de la biodiversité telles que : Green Belt Movement du Kenya, Orientation Verte du Niger, Nature Action du Burkina Faso, Association Ecologique SHOUF du Burkina Faso. 

 

- Pour vous, que représente le développement durable ?

 

Le développement durable est un concept qui est plus que d’actualité, tant il intervient dans presque tous les discours et débats. En effet, le développement durable renvoie à tout projet ou initiative de développement qui est réalisé en prenant en compte ses effets sur l’environnement. Ceci est d’autant vrai que les projets de développement ont toujours eu des effets néfastes sur l’environnement. Ces effets sont appelés externalités négatives et s’étendent sur toute une échelle comprenant entre autre  l’émission de CO2 dans l’atmosphère, décharges des déchets toxiques sur l’environnement, destruction de la flore et de la faune. Tant que ces externalités ne seront pas prises en compte comme un coût de développement, on ne saurait bien apprécier l’impact réel du développement autant qu’on sera progressivement en train de compromettre la survie de la génération futur. C’est à ce titre que des mesures draconiennes sont maintenant adoptées et ratifiées par les Etats,les ONG et les sociétés civiles visant à rendre la promotion  du développement durable  obligatoire à tous les échelons du développement. Ce n’est qu’à ce prix qu’on pourra obtenir un développement à visage humain et soucieux de la génération futur.

 

- Votre lieu de vacances préféré ?

 

 Je passe mes vacances la plus part de temps dans  notre village ici dans les Bamboutos. C’est une occasion idéale pour moi de vivre et m’adapter un tout petit peu au quotidien de la population villageoise.

 

- Quelques mots pour qualifier la campagne ghanéenne des Lions Indomptables ?

 

La campagne ghanéenne de l’équipe nationale camerounaise de football tout comme celle des autres équipes nationales a été pour moi un évènement plein de spectacles et de divertissements. C’était l’occasion pour moi d’apprécier l’union africaine vu sous l’angle footballistique. La période de la CAN est toujours une période pendant laquelle tous les antagonismes tribaux et politiques sont anéantis. Mais, c’est surtout une période bien indiquée pour les politiques de prendre des décisions qui autrement prises pendant des périodes normales devraient être une pilule difficile à avaler par la population. Et ces décisions, il y en a eu. 

 

- Pour finir, un message à faire passer?

 

S’il y a un message que je souhaite faire passer, c’est  d’interpeller tout un chacun où qu’il se trouve de prendre conscience de la nécessité d’adapter ses initiatives de développement à celle du développement durable. Nous, de l’ESPACE VERT,  avons donné à nos projets un visage écologique partant de cette anecdote :

   Les arbres sont au gouvernail de la communauté végétale et l’homme est au gouvernail de la communauté animale. Une cohabitation entre ces deux géants s’impose pour la survie de la  communauté humaine car si toute la communauté végétale venait à disparaître, cela doit entraîner la disparition de la communauté humaine. Mais, si la communauté humaine venait à disparaître, cela va plutôt garantir la survie de la communauté humaine.  

 

ESPACE VERT ; pour un futur plus vert.

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